....suite!!!!ouais!! trop bien! on l'attendait tant!!...

Publié le par ulfasso

      Le temps soudain tourna. Les nuages se firent plus gros, plus noirs et le vent toujours plus menaçant. Les arbres dansaient frénétiquement enivrés par une mélodie lugubre au rythme endiablé. Le ciel se fit d’argent et le sol de métal. Les feuilles si colorées étaient mortes, la terre s’était assombrie et les pierres avaient durcit leur emprise sur les choses. La pluie battait le sol, noyait les herbes les plus basses et le petit filet d’eau était devenu impétueux.
      C’était un de ces orages d’été qui surprenait le voyageur et faisait se rompre les jeunes pieds de riz. Kyosuke était trempé, une gouttière au pourtour de son chapeau accumulait l’eau si bien qu’il fut contraint de l’ôter.
    Il arriva bientôt au village où la terre devenue boue tentait de retenir à chacun de ses pas les sandales du jeune homme. A l’entrée, le puits débordait, à côté un saut d’eau s’enfonçait lentement dans le sol. Portes et fenêtres des maisons étaient closes.

                                                             Une porte en bois

    Kyo avançait difficilement, il voulait se trouver un abri pour les quelques heures que durerait l’averse. Il ne semblait pas y avoir âme dans ce village. Pas d’enfants courant pour voir la bête curieuse qu’un vagabond serait à leurs yeux ; pas d’hommes dans les champs alentours. Rien que la pluie qui inondait l’espace et couvrait le bruit des animaux. Il s’approcha d’une maison.

                                                            Une porte en bois

   N’entendant aucun bruit venant de l’intérieur, il s’enquit d’y pénétrer. Il poussa la porte et la chaleur du jour s’en enfuit portant une odeur familière : une fragrance rance que seule la mort occasionne.

                                                            Tout est sombre

    Sur la table, un bentô bien maigre. Des outils de paysan, du fil, des aiguilles et une marmite vide. Un peu partout dans la pièce, ces objets étaient disposés comme si l’on avait gelé le temps. Il fit glisser un pan de papier et comprit alors d’où venait la puanteur ambiante. Sur les tatamis de ce qui s’avéra être une chambre se tenait une famille. Le père en haillons usés, l’épouse en kimono aux motifs passés et les deux enfants, deux fils.

                                                            Tous morts

      Tous assassinés
     « C’est comme cela dans tous les villages. »
    L’éclat du katana jaillit. Deux lueurs bleutées tourbillonnèrent et dans une gerbe étincelante s’immobilisèrent.
      « Mais qui es-tu ?!! éructa Kyosuke
    Au milieu des cadavres deux hommes semblaient se battre : Kyo et le vieil homme du pont. Kyosuke avait été trop rapide ; comment ce vieillard avait-il bien pu bloquer une telle attaque ?
     « Comme toi je suis à la recherche de réponses. »
     Les deux lames se séparèrent, chacune retournant en son fourreau. Dehors la pluie continuait de tomber et le vent n’en démordait pas, c’était à celui qui tiendrait le plus longtemps.
      Ils restèrent dans la maison, le vieil homme servit le thé.

                                                          Du sang partout. Ils sont tous morts

    «  Que s’est-il passé ici, la voix de Kyosuke était grave, son regard vide, son esprit ailleurs. Il ne s’adressait à personne sinon à lui-même. Le vieillard avait déjà visité la plupart des maisons et partout le même spectacle. L’assaut avait eu lieu au petit matin alors que la famille se préparait à une nouvelle journée.
     «  Ils ont tous été réunis dans la chambre principal pour être massacré. Les uns après les autres. Certains se sont défendus mais peu. »
       _ Qui es-tu ? » Et repensant à l’assaut qu’il avait paré, « tout à l’heure sur le pont tu aurais très bien pu te défendre tout seul.
    _ Tu me surestimes, ils étaient quatre et j’ai de vieux os. Mais toi, parle moi de toi, tu m’intrigues. Tu m’as l’air d’un rônin mais tu ne portes aucun emblême.»
      La voix chevrotante et nasillarde du vieillard ne semblait pas affectée par les cadavres et l’odeur de la mort, elle était souriante et semblait même emprunte d’une certaine gaieté. Il devait en avoir l’habitude. Le silence s’installa et les thé dans les tasses avait beau fumé personne ne le buvait.
       «  Mon est Kyosuke…
       _ Ah ! Enfin te livres-tu ! Pourquoi es-tu là ?
       _ Je ne suis pas un rônin. Je cherche…
    _ Des réponses, je sais tout le monde en cherche, c’est d’un classique ! Moi je suis venu chercher une courtisane ! Ah ah ah ! et sur ces mots le vieil homme descendit d’une traite la tasse de thé devant lui.
    Kyosuke regardait dans le vide. Il fixait un monde auquel lui seul avait accès, un monde de ténèbres, une réalité glacée.

      Je viens de me réveiller. Alors que je descends les escaliers j’aperçois dans le cadre de la porte un homme en armure accompagné par deux porte-drapeaux. Un dragon et un serpent formant un cercle, flotte au gré du vent. Mon père est là aussi. Le samouraï lui parle, papa s’énerve, il crie, il s’agite. Le guerrier le gifle. Mon père tombe à genoux, un coup de pied l’atteint au ventre. Le kimono de maman me protège. Il sent bon le jasmin et les fleurs du printemps. Le guerrier est furieux, il hurle. Maman pleure, mon père aussi. Dans ses sanglots, je distingue des « je vous en supplie », des « s’il vous plait ». Le samouraï reste impassible. Papa éclate de colère, il se lève pousse le guerrier, frappe un porte-drapeau avant que le second lui assène un coup sur la tête. Papa s’effondre. Le samouraï se relève. Tu vas le regretter !! Il jappe comme le chien du voisin. Cette horrible bestiole.

Publié dans moonbeam

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article